Le Blog de Kader BOUTEBAL

Ensemble Pour un Meilleur Avenir

26 mai 2008


Faute d'un toit, une cabane au bois de Vincennes : Liberté, Egalité, FRATERNITE ?
                                                                              

faute d'un toit, une cabane au bois de Vincennes La loi « droit au logement opposable » crée bien des espoirs. Mais elle mettra des années à porter ses fruits. En attendant, ils sont de plus en plus nombreux, comme Jean Hannart, à sombrer dans la précarité.

Enquête

Sa cabane est située à moins de 200 mètres d'un boulevard cossu, aux portes de Paris. Pour la trouver, on s'enfonce dans le bois de Vincennes, on suit des traces d'herbes foulées, jusqu'à un bosquet touffu, à l'abri des regards. Jean Hannart, 63 ans, vit ici « depuis un an et demi ». La voix traîne un reste d'accent ch'ti. Il lâche le mégot qui lui jaunit les moustaches et raconte, calme, bras croisés. Les foyers, les hôtels borgnes et la rue : l'ancien intérimaire en a eu marre. « Ici, on me fout la paix. » Les « travelos » qui tapinent dans le coin, à la nuit tombée, ne le dérangent pas. « Ils ne me volent pas. Contrairement à certains SDF. »

Ayant perdu tout espoir de se loger « en dur », de plus en plus de SDF viennent planter une tente dans un coin de l'immense bois. Ils seraient plusieurs centaines. On tombe même sur de petits villages de toile, avec feu de camp au milieu, à l'indienne.

« Mon électricité, le soleil »

Jean, lui, a acheté des bâches dont il a recouvert un squelette de maison, fait de branches et de tasseaux. Sur le pas de porte, il a déposé une gamelle de pâtée pour ses sept chats. À l'intérieur : une petite table, un lit, un réchaud, un transistor à pile. Le sol est en terre battue. Jean y use ses chaussons aux couleurs délavées. Cet hiver, il a ajouté un pull sous sa polaire grise. « Ma seule électricité, c'est le soleil ! De toutes façon, j'ai jamais aimé la télé. »

Ses journées ? « Je vais faire quelques courses. Ramasser l'eau à la fontaine. Puis, je rentre. J'attends. » Geste vers le sol. « J'attends la terre, d'aller dedans. » Il lâche un grand rire pour atténuer la froideur de ses mots. Habiter Paris ou la banlieue ? Regard indulgent pour cette question stupide : « Faut être un couple de cadres : un qui paie le loyer, l'autre le manger. »

Jean touche une retraite de 640 €. Son ultime espoir : décrocher une HLM dans son pays natal, à Béthune (Pas-de-Calais). Pas loin de la tombe de sa mère. Y croit-il vraiment ? « Vous savez, quand on a manqué sa vie, c'est pas à 60 ans qu'on va la réussir. » Et toujours ce rire poli.

François CHRÉTIEN.

Source http://www.ouest-france.fr/

Posté par Creil à 13:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=314520&pid=9326520

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :